
- SÉLECTION DE LA RÉDACTION
- 2001 · 1 morceau · 4 min
Canon et gigue en ré majeur
P. 37
Une ligne de basse reprend calmement un thème imperturbable de huit notes qui s’achève avec sérénité là où il avait démarré. Au-dessus d’elle, un violon rejoint le thème qui se répète. L’un des plus célèbres canons baroques vient de commencer ; et si l’œuvre rivalise avec Les Quatre Saisons de Vivaldi en termes de notoriété immédiate, on ne sait paradoxalement presque rien de la composition du Canon et Gigue de Pachelbel. La structure harmonique de cette œuvre hybride repose sur les motifs répétitifs de la chaconne, tandis que trois violons se répondent au-dessus à intervalles de deux mesures, les deux derniers imitant ce que le premier vient de jouer. Il se peut que Pachelbel ait voulu éclipser une pièce à la structure similaire de Heinrich Biber publiée en 1696 ; une autre théorie quelque peu fantaisiste suggère qu’il s’agissait en fait d’un cadeau de mariage à son élève Johann Christoph Bach, le frère aîné de Jean-Sébastien. Quoi qu’il en soit, le canon se met en place en douceur, les notes devenant progressivement plus courtes, avant que des touches rythmiques et mélodiques fassent irruption dans un contrepoint qui semble se dérouler avec une facilité déconcertante, compte tenu de sa complexité. Il est suivi d’une petite gigue entraînante et apaisante, qui vient calmer les esprits.